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Quand la nuit porte conseil

Quand la nuit porte conseil - Barbara Oldfield

J’avais vu une collection de vases blancs, en porcelaine, une série de trois soliflores. Je les avais commandés sur un site en ligne. Le colis est arrivé un mercredi soir, et je n’ai pas pu l’ouvrir avant le vendredi. Bien emballés, les vases étaient intacts, malgré le transport. Par contre, j’avais mal estimé leur taille. Ils étaient bien plus grands que ce que j’avais pensé. Leurs longs cols déparaient sur la table basse de mon salon. J’avais prévu de mettre des fleurs en papier dedans. Les tiges n’étaient pas assez longues, l’effet produit n’était absolument celui que j’avais souhaité. Je devais revoir ce détail, mais je n’avais pas beaucoup de temps devant moi. Le weekend suivant, j’avais espéré passer voir ma meilleure amie, Ingrid, et elle m’attendait. Elle avait des problèmes avec une √Čvaluation situation financi√®re en ligne, et elle avait besoin de se changer les idées. 

Comme j’avais un rendez-vous chez mon dentiste à Montréal le samedi matin, j’avais espéré partir directement après ce rendez-vous. J’ai donc revu le décor de mon salon à presque dix heures du soir. J’ai déplacé quelques objets, je les ai remis à leur place, puisque la configuration que j’avais trouvée ne m’enchantait pas. J’ai poussé la console de l’entrée et mise devant le miroir. Les trois soliflores, je les ai alignés sur ce meuble, et j’ai constaté que l’effet produit par cet ordonnancement me plaisait. Par contre, ils restaient désespérément vides, car je n’avais pas de fleurs dont la taille correspondait. En me couchant, ce soir-là, je n’ai pas pu m’empêcher de me retourner dans mon lit plusieurs fois. Je pensais à mes vases vides.

Comme j’avais une journée très chargée, je n’ai plus pensé à ce détail jusqu‘à ce que je revienne chez moi, le dimanche soir. En entrant, comme toujours, j’ai posé les clés sur la console. Une bonne idée me vint : faire moi-même des inflorescences en papier. J’ai pris des piques à brochettes, je les ai habillées de vert, avec une matière facile à travailler, du crépon. Pour créer la fleur, j’ai enroulé autour du sommet divers morceaux de tissus et des chutes de papier, colorés. Ils vinrent combler l’espace disponible. C’était parfait. Je me suis pris une infusion de fleurs d’oranger, pour m’aider à dormir. Mon repos, cette nuit-là, fut de bonne qualité. J’étais détendue quand je me suis réveillée, le lendemain matin. Une surprise m’attendait, que je n’avais pas du tout prévue à mon programme.

 

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